S'identifier - Contact

Photographe du village
Photos d'ici et de là-bas de Pascal G

Rabhi, De Foucauld, Levi Strauss, des cerveaux sans oreilles ?

une feuille au coeur d'une poutre

Comme une braise que l’on croyait éteinte, un souffle est venu ranimer ce petit feu qui brûle là, sous la boite crânienne. N’ayez crainte ce n’est pas pour lustrer mon nombril. Hier soir j’assistais à une table ronde, le débat organisé par Mycoop proposait de s’interroger sur « comment conjuguer lutte contre le chômage et préservation de l’environnement ?». Deux intervenants sont là pour ouvrir des pistes, Jean-Baptiste de Foucauld, Président-fondateur de Solidarités Nouvelles face au Chômage et Pierre Rabhi, fondateur de Terre et Humanisme. Pour résumer très rapidement deux théories sont proposées, la radicalité, que soutient Pierre Rabhi à partir de son expérience. "Il y a urgence à stopper la surproduction des 30% de privilégiés que nous sommes au détriment des 70 % restants de la population mondiale qui souffrent de notre bêtise. La maison brûle, selon nos politiques, mais on passe notre temps à discuter sur la couleur du tuyau, quel sceau d’eau prendre ..., pour éteindre cet incendie. Le Grenelle, Copenhague, etc ne sont que des foutaises. Il faut changer maintenant au risque de voir s’éteindre l’être humain. A chacun d’en prendre conscience et d’agir".
En face Jean Baptiste de Foucauld propose une articulation autour de trois modes d’actions : La radicalité, la résistance, et la régulation. Il pense que la proposition spirituelle, du travail individuel, que l’on peut résumer par cette maxime de Gandhi, « soit le changement que tu veux voir dans le monde » ne suffit pas . Il faut selon Jean Baptiste de Foucauld associer cette démarche individuelle à une démarche collective, politique. Et le changement de société ne se fera qu’avec de la régulation pour le bien commun.
Bref je quitte ce débat avec encore plus de questions. Entre le discours je dois l’avouer séduisant de Pierre Rabhi et la vision pragmatique de Jean Baptiste de Foucauld, comment faire une synthése, quelle voie choisir ? Malgré tout j’ai un faible pour le second. La révolution j’ai des doutes ! Un changement d’ère sera selon moi une question d’évolution.
Et à quoi bon faire individuellement des petits gestes au quotidien si les gouvernements, les grands groupes écrasent de leurs grandes bottes nos petits gestes, avec des politiques, des décisions contraires ! A quoi bon faire des petits gestes, si nous , collectivement, ne changeons pas !
Mais comme une parole révélée, remonte à la surface et fait jour une partie du discours Kogis que m’a offert à entendre Eric Julien. La vie en société pose une triple interrogation : la régulation de l’égo (l’identité), du pouvoir, de l’énergie. trois indiens Kogis
Difficile de retranscrire une telle mélodie pas trés agréable et pourtant juste ! Cette sensation étrange que le fil est cassé. Que les ponts pour tendre vers une société plus respectueuse, plus humaines, entre contemporains pourtant décidés à construire ces ponts, ne sont pas prés d’être réalisés !
Ces deux visions proposées ont crées de vraies questions mais aussi des tensions dans la salle ! Certains s’interrogent, d’autres campent sur leurs positions.
Pour la première fois, je sens que cette régulation nécessaire selon les kogis pour faire communauté nous est étranger, à nous présent là, à cet instant, et depuis longtemps certainement, mais j'en prends conscience !
Je rentre, il est tard, un mail m’apprend la mort de Claude Levi Strauss et m’invite à la rédaction d’un post sur cet grand humaniste. Je ne sais presque rien de lui. Je n’ai rien lu de son travail. Et que dire de plus que tous les commentateurs ? Ce matin je suis en boulimie de connaître son travail.
Mes recherches font écho à ce que j’ai vécu hier soir, comment des hommes (Rabhi, Lévi Strauss, De Foucauld etc. il sont nombreux malgré tout) aussi pertinents, qui nous alertent sur notre déshumanisation ne sont pas entendu !
On parle, on parle (la preuve ci dessus avec ces mots) et on parle encore mais comme le disait Pierre Rabhi hier soir « des gens meurent à cet instant de notre bêtise ».
"Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui" Claude Lévi-Strauss.

un colombie passe devant un enfant allongé dans la rue

Pascal le 04.11.09 à 11:31 dans Actualités - Version imprimable
Article précédent - Commenter - Article suivant -

Pour aller plus loin

Photos de gare

Archives par mois