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Sémantique, c’est mentir ? grève de neurone ou jeûne d’intelligence ?

Nouvelle question ! Revenons un instant sur les derniers mois et cette crise ! Que de logorrhées, de paroles, de mots pour expliquer, comprendre, analyser, ces maux financiers, économiques qui sévissent depuis le début…de la crise !
Comme ça part dans tous les sens ont a eu le droit a tout et n’importe quoi : la croissance négative, une commission de députés qualifiée de procès stalinien, des grévistes qui deviennent des tontons makout, bref je ne vais pas tout citer, ni même leurs auteurs, la connerie étant ce qu’il y a de mieux partagé au monde, je ne préfère pas porter l’opprobre sur un plutôt qu’un autre... mais dans le mauvais usage des mots je reste coi devant l’appellation du mouvement des employés de l’usine Celanese dans les Pyrénées atlantiques qualifié de : « grève de la faim tournante ». A vrai dire peu m’importe de savoir celui qui a jugé bon d’utiliser cette expression en premier car elle est réutilisée par tout le monde je crois, mais là j’ai envie de dire : quoi ? une grève de la faim tournante ? « bah oui trois grévistes ne mangent pas pendant 24H, et après ce sont trois autres qui prennent leur place etc. » Et on a eu le droit aussi a tous les commentaires, le pire je crois « un mouvement de protestation qui met en péril la santé des salariés ».

une assiette avec un reste de confiture
 
Par ou commencer ? Bien sûr chacun voit midi à sa porte, enfin quand on ne mange pas on s’en fout qu’il soit midi, me direz vous ! Donc chacun fait ce qu’il veut, ok ! Mais les rails sémantiques que l’on nous impose commencent à m’effrayer. Imposer les mots, n’est ce pas déjà limiter le champ des possibles ? A regarder en creux cette expression de « grève de la faim tournante » on devine que ce type d’action est au mieux pas concevable pour une majorité au pire dangereux pour certains ! C’est juste oublier ? interdire ? que d’autres jeûnent 24H ou plus pour des raisons physiologiques, spirituelles voir plus si affinités. Pour tenter de rallier le plus grand nombre, Théodore Monod jeûnait un jour par semaine et quatre jours consécutifs une fois par an, Yannick Noah jeûne deux fois 15 jours par an, et coté plus engagé je vous épargne Gandhi, et quelques imâms musulmans. Je ne vais pas trop évoquer Benoit XVI ça pourrait en décourager certains qui auraient une belle opportunité pour clamer que c’est à cause de ses propos à ce sujet que les africains meurent de faim ! (houlà c’est glissant ça !) Bien sûr cette liste ne peut pas remplir un Voici ou un Gala ! Justement c’est de ça dont il est s’agit ! Jeûner c’est quelque part tenter de maîtriser ses besoins, ses envies et in fine, s’interroger sur la consommation de tout et n’importe quoi. Jeûner c’est une sorte de nettoyage qui fait du bien comme un bon ménage de printemps. Alors quand je constate que la connotation de ce type d’action est très péjorative je m’interroge vraiment ! Comme si nous étions tous candidats malgré nous d’un jeu mondial que Marco Ferreri avait envisagé avec « la grande bouffe » ! Tais toi et bouffe !
Et quand cerise sur le gâteau (on est plus à une contradiction prêt) j’entends que pour tenir les "grèvistes tournants", c'est plus vendeur que les derviches tourneurs, prennent beaucoup de café, je me dis que nous avons vraiment perdu le fil !
"on est foutu on mange trop. Mais qu'est ce qu'on fera quand on sera gros?" (A Souchon)

Pascal le 20.04.09 à 23:29 dans Actualités - Version imprimable
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