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Photos d'ici et de là-bas de Pascal G

une passante

Le génie de Baudelaire dans les fleurs du mal, celui de Brassens sur un texte d'Antoine Pol, n'ont rien figé !Elles continuent de passer...les passantes ! pour des millions d'homme

une femme marche dans la rue

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! — Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !
Baudelaire


Je veux dédier ce poème
À toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
À celles qu’on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais

À celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui

À la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

À la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n’est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

À celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l’on a manqué sa vie
On songe avec un peu d’envie
À tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lêvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir
Poème d'Antoine Pol chanté par Georges Brassens

Pascal le 12.05.09 à 00:33 dans Nature - Version imprimable
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Commentaires

Et les passants de passer pour des millions de femmes... les mots d'Antoine Pol me parlent à moi aussi !
Très joli texte en tout cas, chanté avec beaucoup de justesse par un Brassens un brin mélancolique...
Et la plume de Baudelaire, pas mal aussi !

nono - 12.05.09 à 21:44 - # - Répondre -

en passant, en passante, au passage : bonne fête, passeur pascal !

lucile - 17.05.09 à 21:10 - # - Répondre -

Re:

Merci Lucile fidèle passante

Pascal - 17.05.09 à 23:04 - # - Répondre -

message au passage

hé, la passante, si au passage tu viens d'un pas sage, dis-moi l'horaire de ton train ???
Le papa de la passante ...

Anonyme - 19.05.09 à 13:25 - # - Répondre -

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